WdStr

CR de l’apéro WdStr #70 – Écologie numérique

Jeudi 30 janvier, l’apéro WdStr n°70 a été accueilli par LISAA, pour une conférence de Joachim Werner sur l’Écologie numérique.

Cette intervention a démarré par une demande douloureuse : éteindre son smartphone, ou a minima, le mettre en mode économie d’énergie, ce qui a permis à certains d’entre nous de découvrir une nouvelle fonctionnalité de nos téléphones !

Une fois nos téléphones ensommeillés, Joachim a dressé un bilan de la consommation d’énergie que représentent le Web et autres objets connectés de nos jours.

Le Web c’est des centaines de millions de kilomètres de câbles sous-marins et souterrains qui alimentent des centres de données remplis de serveurs, refroidis à longueur de journée ; sans compter les antennes relais pour le réseau.

On dénombre 15 milliards d’objets connectés et de terminaux dans le monde en 2018 et 223 millions de tonnes d’objets numériques : véritable paradoxe avec la préoccupation de la dématérialisation.

C’est une infrastructure surdimensionnée qui ne va cesser d’augmenter et qui possède un coût carbone élevé quand on pense à l’énergie consommée pendant la durée de vie de ces produits mais également lors de leur fabrication et diffusion.

Pour nous permettre de faire évoluer nos quotidiens, pros et persos, vers une consommation numérique moins énergivore, Joachim nous donne des exemples de bonnes pratiques, issues pour la plupart du livre qu’il nous recommande “115 bonnes pratiques d’éco-conception” de Frédéric Bordage :

  • Au niveau gouvernemental : 

    • Lutter contre l’obsolescence programmée en augmentant la garantie des logiciels et produits numériques ;
    • Allonger la durée des mises à jour ;
    • Élever la fiscalisation sur les objets qui ont une empreinte carbone au-dessus d’un certain seuil ;
    • Rendre la collecte des déchets obligatoire car seul 20% des déchets sont collectés : pourquoi pas une consigne à l’achat d’un support numérique ?
    • Récupérer la chaleur générée par les serveurs/centres de données pour chauffer d’autres bâtiments.
  • Au niveau des internautes : 

    • Désactiver les notifications sur nos appareils connectés ;
    • Éteindre son routeur Internet en cas d’absence du domicile et la nuit ;
    • Mettre le téléphone en veille, désactiver le WIFI et Bluetooth dès que possible ;
    • Ne pas laisser son téléphone branché une fois ce dernier chargé ;
    • Installer des extensions pour navigateur Web telles Auto Tab Discard, qui permet de mettre en veille les onglets de navigation ouverts mais non utilisés ; Ublock Origin (plus éthique et plus drastique qu’Adblock) qui bloque les publicités et donc évite le chargement de leur données ;
    • Passer en mode sombre pour consommer moins d’énergie ;
    • Échanger nos films/séries via des supports physiques (cd, dvd, clé usb) ou organiser des soirées vidéos entre amis pour réduire sa consommation de vidéos en ligne en streaming, très énergivore.
    • Limiter les recherches Google quand une alternative simple est possible (consultation de dictionnaire papier, Bescherelle, etc.) ;
    • Utiliser son historique de navigation pour éviter de recharger à plusieurs reprises les mêmes requêtes et ne pas hésiter à utiliser les favoris ;
    • Lister chaque compte créé sur différentes plateformes Web et supprimer ceux qui ne sont plus utilisés ;
    • Faire le tri dans ses mails : boîte de réception, d’envoi et corbeille.
    • Être attentif au contenu de ses mails en privilégiant la sobriété : plus de texte, moins d’images, moins de styles de mise en page, etc. ;
    • Limiter les pièces jointes dans les mails en privilégiant les plateformes d’envoi de document comme WeTransfer, qui supprime les contenus au bout d’un certain nombre de jours ;
    • Limiter le nombre de destinataires ;
    • Privilégier la messagerie instantanée aux mails pour limiter les allers-retours serveur (à condition de supprimer régulièrement les conversations obsolètes).
  • Au niveau des designers : 

    • Se renseigner sur le profil de ses clients avant de s’engager sur un projet lorsque c’est possible, pour éviter de participer au greenwashing ambiant.
    • Limiter le projets aux fonctionnalités essentielles, évacuer toute requête superflue ;
    • Optimiser les parcours utilisateurs en leur proposant des contenus appropriés et utiles et en limitant les étapes ;
    • Éviter l’autocomplétion : une recherche bien aiguillée suffit ;
    • Limiter le nombre d’images et de vidéos dans ses maquettes ;
    • Privilégier les typographies installées par défaut sur les machines ;
    • Privilégier le vectoriel au bitmap ;
    • Ne pas personnaliser les pages 404 ;
    • Enlever les métadonnées des images, pdf, vidéos.
  • Au niveau des développeurs : 

    • Questionner la mise en place d’un CMS en fonction du contexte du projet : un site statique ou peu mis à jour ne nécessite souvent pas de CMS ; 
    • Valider les sites via le W3C ;
    • Compresser les images et vidéos (avec HandBrake par exemple).

En conclusion : « On va tous mourir, mais on peut sauver le monde avant » ! Le projet Greencode label, premier label écologique du Web est une solution d’avenir pour faciliter les prises de consciences et améliorer les pratiques des designers, et développeurs, entreprises.

Sources : 

Laisser une réponse

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

*